Jean Discours est né dans le nord du Gard, au pied des montagnes cévenoles.
Avant la photographie, il y a eu la danse contemporaine, la flûte traversière, puis les flûtes irlandaises — autant de disciplines qui ont appris à son regard et à son corps ce que signifie être présent dans l'instant, attentif au rythme et à la nuance.
C'est en parcourant les plateaux du Massif Central qu'il ressent le besoin de garder une trace des émotions que lui procure la lumière douce sur le paysage.
Il se forme aux techniques photographiques et part dans le grand nord pour apprendre la lumière à sa source, celle de l'aube arctique, fragile et décisive.
Sa démarche s'inscrit dans la tradition du paysage intime, nature choisie pour elle-même, lumière changeante, connexion humble avec le sujet. Comme Hokusai ou Cézanne, il revient inlassablement sur les mêmes territoires, cherchant non pas le paysage définitif, mais ses variations. À la poursuite de la pluie, de la neige, de la brume et des premières lueurs, il retourne inlassablement sur le motif, à la recherche de l'inattendu. Ses territoires, Ardèche, Aubrac, Cézalier, Mont Aigoual, Écosse, Islande, Groenland, sont autant d'étapes d'un même cheminement.
De retour dans son atelier, Jean Discours réalise lui-même les tirages d'art et conçoit les livres d'artiste, maîtrisant toutes les étapes du processus, de la prise de vue au tirage, pour garder en mémoire l'émotion première.
Son travail est régulièrement exposé dans les plus grands festivals photographiques dédiés à la nature, et publié dans la presse spécialisée internationale, dont la revue britannique On Landscape.
Faire le portrait d'une forêt, c'est d'abord choisir un sujet et une composition. Les paysages qui attirent mon regard sont souvent ceux qu'on a laissés tranquilles — ils ont une esthétique particulière, une présence. Comme un portraitiste, je choisis le costume : la saison, pour ses couleurs et ses formes. L'hiver dépouille, le printemps bourgeonne, l'automne colore. Puis vient l'éclairage : l'intensité lumineuse, et surtout la température de couleur.
Lorsque le soleil est à l'horizon, sa lumière traverse une couche plus importante d'atmosphère. Le bleu se disperse, et la lumière vire au rose, à l'orange, au rouge puis au jaune. Le rose du lever appartient encore à la gamme froide ; l'orange marque l'entrée brutale dans la gamme chaude. Choisir le moment, c'est un acte personnel.
Cette tradition du paysage intime remonte aux peintres de Barbizon, Théodore Rousseau et son Chêne de roche (1860), Corot, Daubigny, qui ont choisi la nature pour elle-même. En photographie, Eliot Porter en a posé les fondements dans les années 1950 : l'absence d'horizon, le chaos ordonné, la couleur comme langage.
Hokusai et ses Trente-six vues du mont Fuji, Cézanne et ses Sainte-Victoire, Shinzo Maeda et ses forêts japonaises, tous ont compris que revenir sur le même sujet n'est pas se répéter.
C'est apprendre à voir.
Des traits et des points. Voilà comment je perçois la photographie de paysages.
